Safer Internet Day 2026 (10 février) : « Les écrans et toi… comment ça va ? »

Safer Internet Day = Bien-être numérique, santé mentale, cyberharcèlement : des repères concrets pour les familles, les ados et les pros.

Safer Internet Day 2026 — Les écrans et toi… comment ça va ?Le mardi 10 février 2026, le Safer Internet Day ouvre deux mois de mobilisation (février–mars) pour aider jeunes, familles et professionnels à développer des usages du numérique plus sûrs, plus responsables… et plus apaisés.

Cette 23e édition met au centre une question simple : notre bien-être numérique. Le slogan français — « Les écrans et toi… comment ça va ? » — invite à partir du vécu (humeur, sommeil, pression sociale, stress) plutôt que de réduire le sujet à un compteur d’heures.

Chez Génération Écrans, on défend une approche fondée sur les données, sans panique ni déni : distinguer les usages qui aident (apprendre, créer, socialiser, se détendre) de ceux qui fragilisent (hyperconnexion, contenus anxiogènes, cyberviolences, comparaison sociale), et proposer des leviers concrets.

À retenir

  • Date : mardi 10 février 2026
  • En France : mobilisation jusqu’à fin mars
  • Thème 2026 : santé mentale et écrans
  • Question-clé : « comment tu te sens après ? »

Safer Internet Day : une mobilisation qui dure bien au-delà d’une journée

Le Safer Internet Day est une initiative internationale portée au niveau européen sous la bannière « Together for a better internet ». En France, l’événement est opéré par Internet Sans Crainte et s’étend du 10 février jusqu’à fin mars, avec des ressources gratuites, des ateliers et des outils prêts à l’emploi.

L’intérêt de la formule “Safer Internet Day(s)”, au pluriel, est justement là : donner le temps d’installer de nouvelles habitudes, et pas seulement de “faire une action” symbolique.

Pourquoi le thème 2026 tombe juste : santé mentale + écrans

Le numérique est devenu un espace de vie : on y apprend, on y joue, on s’informe, on s’y compare, on s’y dispute, on y cherche du soutien. Il est donc logique de s’intéresser à son impact sur l’équilibre émotionnel.

La réponse ne peut pas reposer uniquement sur la “volonté” des jeunes : elle implique aussi des règles, des paramètres, une éducation aux mécanismes d’attention… et un dialogue adulte-ado.

Changer de question change tout
Au lieu de : « Tu y passes combien de temps ? »
Essayez : « Comment tu te sens après ? »

Les 4 points de friction qui abîment le bien-être numérique

1) Sommeil : le piège des écrans tard + notifications

Le sommeil est un amplificateur : quand il baisse, tout devient plus difficile (régulation émotionnelle, attention, patience). Le soir, la meilleure protection est souvent… très simple : réduire l’exposition et couper les sollicitations.

À tester : 45 minutes sans écran avant le coucher + téléphone hors de la chambre la nuit (adulte compris).

2) Comparaison sociale : la vie des autres en “mode vitrine”

Les flux montrent surtout des moments choisis et retouchés. Chez certains jeunes, cela nourrit la comparaison, la peur de rater, ou l’impression de ne pas être à la hauteur.

3) Spirales algorithmiques : quand le fil d’actu décide à votre place

Les recommandations s’ajustent à ce qu’on regarde. Cela peut être neutre… ou enfermant (colère, anxiété, contenus extrêmes). Apprendre à “reprendre la main” fait partie de l’hygiène numérique : abonnements choisis, réglages, nettoyage d’historique.

4) Cyberviolences : l’impact invisible mais massif

Insultes, humiliations, rumeurs, raids, diffusion de captures… Ces violences ne s’arrêtent pas à la porte du collège : elles suivent la personne à la maison. On n’attend pas “que ça passe”.

Le “check-in” qui change l’ambiance : « comment ça va après les écrans ? »

Objectif : ouvrir un espace de parole sans jugement. 10 minutes suffisent, si c’est régulier.

Trame simple (à adapter selon l’âge) :

  • « Après cette appli / ce jeu, tu te sens plutôt : léger, neutre, stressé, énervé, nul, jaloux, inspiré ? »
  • « Qu’est-ce qui te fait du bien en ligne ? Qu’est-ce qui te plombe ? »
  • « Tu as déjà vu/lu quelque chose qui t’a mis mal à l’aise ? »
  • « Dans les groupes (classe/amis), c’est plutôt cool… ou parfois toxique ? »
  • « Qu’est-ce qu’on peut régler ensemble : notifications, horaires, comptes, confidentialité ? »

3 signaux d’alerte qui méritent d’agir vite :

  • Sommeil qui se dégrade (endormissement tardif, fatigue, réveils)
  • Humeur qui change (irritabilité, tristesse, retrait, perte d’intérêt)
  • Pression sociale en ligne (angoisse des messages, conflits répétés, peur de rater)

La boîte à outils Génération Écrans : 12 gestes à tester cette semaine

L’idée n’est pas de viser la perfection, mais d’améliorer le quotidien (sommeil, humeur, relations) avec de petits réglages qui font “effet domino”. 

12 gestes :

1) Sommeil

Pourquoi : le manque de sommeil amplifie stress, irritabilité, baisse d’attention.
À faire : instaurer un “sas” de 30–60 min sans écran avant de dormir + téléphone hors de la chambre (ou en mode avion).
Astuce : chargeur dans une autre pièce + réveil classique.

2) Notifications

Pourquoi : elles “tirent” l’attention et entretiennent la pression (FOMO).
À faire : couper tout sauf l’essentiel (appels, messages importants).
Astuce : garder les notifications uniquement des personnes, pas des applis.

3) Repas

Pourquoi : les repas sont un repère de régulation (discussion, présence, rythme).
À faire : au moins un repas/jour sans écrans, téléphones hors de la table.
Astuce : panier “parking à téléphones” à l’entrée de la cuisine.

4) Confidentialité

Pourquoi : prévenir risques (exposition, usurpation, contacts non désirés).
À faire : compte privé, limiter qui peut DM/commenter, désactiver géolocalisation, vérifier “qui voit quoi”.
Astuce : refaire ce “check” tous les 2–3 mois (les paramètres bougent).

5) Abonnements

Pourquoi : ce que je consomme influence directement humeur et estime de soi.
À faire : “tri” : désabonner/masquer ce qui fait du mal (comparaison, anxiété, haine), garder ce qui aide (apprendre, créer, humour sain).
Astuce : règle simple : si je me sens moins bien après, je retire.

6) Algorithmes

Pourquoi : les recommandations amplifient ce qu’on regarde (parfois vers du négatif).
À faire : utiliser “Ne pas recommander”, effacer historique/centres d’intérêt, rechercher volontairement des contenus positifs/variés.
Astuce : 5 minutes de “réglages” = des semaines de fil d’actu plus sain.

7) Contenus

Pourquoi : certains contenus (violence, sexualisation, haine, anxiogènes) marquent et stressent.
À faire : activer filtres / mode restreint, signaler contenus choquants, parler si quelque chose met mal à l’aise.
Astuce : phrase clé à transmettre : “Tu peux me dire, tu ne seras pas puni.”

8) Temps calme

Pourquoi : le cerveau a besoin de pauses sans sollicitations pour récupérer.
À faire : créer des “îlots” sans écran : devoirs, sport, trajet, 1h le week-end.
Astuce : remplacer par une activité “simple” (marche, musique, dessin, lecture).

9) Groupes

Pourquoi : beaucoup de tensions/cyberviolences partent des groupes (classe/amis).
À faire : règles de groupe : pas d’humiliation, pas de captures/partage, pas de raids, droit de quitter.
Astuce : un ado peut couper les notifications d’un groupe sans le quitter (selon l’app).

10) Signalement

Pourquoi : signaler aide à stopper la diffusion et à faire modérer/supprimer.
À faire : bloquer, signaler le compte/le contenu, demander retrait.
Astuce : faire des captures avant (voir geste 11).

11) Preuves

Pourquoi : indispensable si ça escalade (établissement, plateforme, plainte).
À faire : captures d’écran + liens + dates + pseudos. Ne pas répondre “à chaud”.
Astuce : dossier “preuves” dans le téléphone + envoi à un adulte de confiance.

12) 3018

Pourquoi : ne pas rester seul face au cyberharcèlement / contenus problématiques.
À faire : contacter le 3018 (aide, conseil, démarches, retrait de contenus).
Astuce : l’écrire quelque part “visible” (frigo/notes) comme un numéro réflexe.

À la maison

  • Créer un “sas” avant le coucher (30–60 min sans écran)
  • Mettre la chambre en “zone nuit” : téléphone hors de la chambre ou en mode avion, notifications coupées
  • Définir des zones sans écrans (repas, devoirs, voiture si cela évite les disputes)
  • Faire un tour des paramètres : compte privé, géolocalisation, commentaires, messages, filtres de contenus
  • Choisir les notifications (pas “tout”, seulement l’essentiel)

Avec les ados (sans infantiliser)

  • Expliquer les algorithmes : « ce que tu vois est une sélection, pas la réalité entière »
  • Mettre un mot sur la comparaison : « quand ça te fait te sentir moins bien, on ajuste »
  • Proposer un “mode avion social” : créneaux sans réseaux (devoirs, sport, repas)
  • Dédramatiser le fait de signaler / bloquer : ce n’est pas “faire un scandale”, c’est se protéger

Dans les écoles et structures jeunesse

  • Travailler le rôle des témoins : comment soutenir, signaler, désamorcer
  • Animer un atelier “émotions + numérique” (contenus → émotions → actions)
  • Mettre en place une charte de groupe (5 règles co-écrites)

Mini-défi “effet domino” (7 jours)

  1. Couper toutes les notifications non essentielles
  2. Téléphone hors de la chambre la nuit (adultes inclus)
  3. Repas sans écrans
  4. Tri des abonnements (désabonner ce qui plombe)
  5. 1 heure sans réseaux + activité “hors écran”
  6. Réglages confidentialité (compte privé, messages, géolocalisation)
  7. Check-in « comment ça va ? » et on garde ce qui marche

Cyberharcèlement : quoi faire, tout de suite

Plan d’action en 5 réflexes :

  1. Rassurer : « Tu as bien fait d’en parler. »
  2. Conserver les preuves : captures, liens, dates.
  3. Bloquer et signaler sur la plateforme (et dans les groupes).
  4. Alerter l’établissement / la structure quand il y a un contexte scolaire.
  5. Contacter le 3018 pour être accompagné (signalements, retrait de contenus, démarches).

Safer Internet Day : 3 idées d’actions simples à lancer (parents, classes, associations)

Le défi “7 soirs plus calmes”

45 minutes sans écran avant le coucher pendant une semaine (adultes inclus). On observe l’effet sur l’endormissement et l’humeur, puis on garde l’ajustement le plus utile.

L’atelier “algorithmes et émotions”

Les jeunes listent les contenus qui les font se sentir bien vs mal, puis identifient les réglages possibles : abonnements, temps, notifications, “Ne pas recommander”, nettoyage d’historique.

La charte de groupe (classe / club / asso)

5 règles co-écrites sur le respect, les captures d’écran, les groupes de discussion, la diffusion de rumeurs, et le rôle des témoins (que fait-on quand ça dérape ?).

Pour approfondir sur Génération Écrans :

FAQ : Safer Internet Day

Safer Internet Day 2026 : c’est quand ?
Mardi 10 février 2026, puis la mobilisation se poursuit pendant février et mars.

Quel est le thème 2026 en France ?
Santé mentale et écrans, avec le slogan « Les écrans et toi… comment ça va ? ».

Que faire en cas de cyberharcèlement ?
Conserver des preuves, bloquer/signaler, alerter l’établissement et contacter le 3018.

Comment aider un ado à réguler ses écrans sans conflit ?
Partir du ressenti (« comment tu te sens après ? »), régler ensemble les paramètres (notifications, abonnements) et protéger le sommeil.

Sources et ressources (liens)

 

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